Le retard en matière d’IA n’a pas de sens
Les entreprises ne partent ni du même endroit, ni avec les mêmes besoins. La question n’est donc pas de savoir si elles sont « en retard », mais si elles savent pourquoi, où et comment elles souhaitent avancer.
Vouloir rattraper un supposé retard en matière d’IA peut conduire à agir trop vite et à commencer par la technologie plutôt que par la stratégie.
Comme pour le digital dans les années 2000, ce qui frappe, c’est l’écart entre le discours et la pratique. Un parallèle peut être fait entre le modèle ADKAR et l’étape de prise de conscience des potentiels et des limites de l’IA dans laquelle nous peinons à entrer.
De la pratique… surtout pour ne pas avoir le sentiment d’être en retard
Si la pratique se développe, c’est surtout pour ne pas avoir le sentiment d’être en retard. Alors on s’amuse en pensant que c’est un nouveau jouet capable de tout. On essaie sans réellement connaître les bases.
Toutes les entreprises ne participent pas à la même course
Toutes les entreprises ne sont pas sur une même ligne de départ. Elles ne participent pas à la même course.
Il ne s’agit d’ailleurs pas d’une course mais d’une randonnée.
Ce sont notamment certains éditeurs et prospectivistes qui laissent entendre qu’il faut accélérer. Pourtant, nous savons que la précipitation n’est pas nécessairement l’amie de la décision éclairée.
Le sentiment de retard repose aussi sur une croyance
Ce qui explique ce sentiment de retard est également basé sur une croyance : les concurrents avancent pendant que je continue de me poser la question « par où commencer ? ».
Ne pas savoir par où commencer n’est pas un aveu de faiblesse. C’est une forme de lucidité qui signifie que ce n’est pas encore le moment de lancer une initiative de grande ampleur.
Le piège du « me too technologique »
La tentation est grande de succomber aux sirènes de l’urgence qui, sans les premiers mots d’une stratégie IA, laisse le champ libre au « me too technologique ».
Dans ce cas, la priorité devient le choix du LLM et une fois l’outil mis à disposition des collaborateurs se pose une question : « on en fait quoi ? ».
Résultat : 95% des projets IA n’ont pas d’impact mesurable sur le CA ou l’efficacité opérationnelle*.
Une erreur de perspective temporelle
Un autre point concerne la temporalité. Parler de retard sur des transformations qui s’étalent dans certains cas sur plusieurs dizaines d’années est une erreur de perspective. Nous parlons de transformation digitale depuis plus de 25 ans.
Pour toutes ces raisons, l’argument du retard ne tient pas.
Ce qu’une stratégie IA devrait permettre
La stratégie IA pour l’entreprise, c’est celle qui génère conviction et adhésion : « je suis dans les temps, je me sens prêt, je sais où je vais et comment ».
* The GenAI Divide : State of AI in Business 2025, NANDA, MIT, 2025.
Où en est réellement votre organisation face à l’IA ?
Avant de choisir un outil ou de lancer un programme, il peut être utile de clarifier le point de départ, les priorités et les conditions de réussite.
